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dimanche 19 février 2012

Février blanc blanc

Un petit peu plus d’un mois après le Noël noir vert, on est dans le blanc vraiment blanc. Ça fait un mois et demi que la température n’est pas remontée au-dessus de zéro, et elle est même tombée bien bas, puisque le jour où a été prise la photo ci-dessus (2.2.), il faisait −30°. Pas étonnant que la station de Laajavuori soit restée fermée ce jour-là. Mais on voit bien les couleurs typiques du cœur de l’hiver fin­lan­dais, le bleu et le blanc, celles du drapeau du pays. Au même endroit et au même moment, un parhélie pas très marqué mais bien sy­mé­tri­que s’étalait dans le ciel. Le froid a culminé, si on peut dire, à −34 à Jyväskylä trois jours plus tard. Chez nous, sur notre colline il a fait deux degrés de moins (on a toujours un peu plus chaud). Mais ça a quand même duré plus d’une semaine et si l’ambiance de blancheur minérale a son charme, ça limite un peu les activités deplein air. Je commençais déjà à me demander si on allait en reprendre pour un mois comme il y a deux ans, mais heureusement l’air froid a dégouliné vers le sud de l’Europe, qui aura eu son content d’hiver cette année, et il y a une semaine on était déjà revenus à −8, une température tout à fait raisonnable pour faire du ski, par exemple, alors que c’est à ce moment-là qu’il faisait encore plus froid ailleurs en Europe. Mais les journées rallongent immanquablement, et le printemps s’an­non­ce, malgré les températures glaciales (la photo ci-dessus a été prise au même endroit que celle de Noël). Il fait jour jusqu’à près de 6 h du soir, et le jour rallonge de 42 minutes par semaine ! Oui, vous avez bien lu : dans un mois, il durera troisheures de plus. Pour l’instant, ça ne nous avance pas beaucoup, car si le froid est finalement resté en quantité raisonnable, on ne peut pas en dire autant de la neige. Tout ce qui n’était pas tombé avant Noël est tombé depuis, avec un supplément pour faire bonne mesure. Comme les températures restent négatives, toute cette neige s’entasse progressivement au point qu’on ne sait plus où la mettre. Aujour­d’hui, le vent souffle en tempête, au point d’avoir complètement bouché notre chemin de promenade habituel au bord du lac de Palokka, envahi par les congères formées de la neige qu’il a décapée en tout le long des six kilomètres de la surface dudit lac. Helsinki a dégusté une double dose par rapport à chez nous, et ils sont vraiment contents. En France on fait des gorges chaudes quand c’est le chaos après une toute petite chute de neige de rien du tout (pas comme cette année, c’est vrai), mais même en Finlande, trop c’est trop. Dans une grande ville avec pas mal de rues relativement étroites, la question n’est pas de déblayer la neige, mais de mettre la neige déblayée ailleurs. Et quand il en a de grosses quantités et que la circulation bloque, on peut la mettre nulle part vu que pour ça il faut des camions, des pelleteuses etc. De plus, les tramways patinent, comme le montrent ces photos éloquentes de files de trams bloqués il y a deux semaines, weekend noir sur les routes dans le sud, avec un méga-carambolage sur l’autoroute (les photos de ces deux diaporamas ont été prises le même weekend que la photo tout en haut de cette page, chez nous le soleil brillait, et Aino, qui était justement en visite à la mai­son, aura échappé à cette épreuve).