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vendredi 8 juillet 2011

Kyoto sous le soleil

Un coup de sifflet énergique a donné le départ de notre visite des sites historiques de Kyoto. La ville est un haut-lieu du tourisme mondial mais aussi japonais, ce ne sont donc pas les visiteurs qui manquent et la ville s’est organisée en consé­quence. Certaines lignes de bus desservent plus particulièrement les temples et autres parcs de Higashiyama. Dans les bus, les arrêts sont annoncés en plusieurs langues, avec mention du nom du temple auquel tel ou tel arrêt permet d’accéder. Au départ de la gare centrale de la ligne 206, les gens, tous des Japonais du reste, faisaient sagement la queue, comme ils le font pour monter dans le train et dans le métro. Un préposé en casquette était chargé de veiller sur le bon déroulement de l’opération, pour que le bus ne reste pas trop longtemps à l’arrêt. Quand il a eu fait monter tout le monde, il a sifflé comme un vrai chef de gare.

On a décidé de suivre le plan du Lonely Planet pour faire aujourd’hui la partie sud de Higashiyama. Il faisait une chaleur étouffante dès 7 h du main quand j’étais sorti prendre l’air de la rue, et à 10h ce n’était évidemment pas mieux. Le temple de Kyomizu était noir de monde, des écoliers japonais en grande partie. Difficile d’éviter la foule à cet endroit, quelle que soit l’heure. Les guides conseillent de partir tôt, mais sauf à se mettre en route à 4 h du matin, je ne pense pas que ça fasse une grande différence, Kyoto est un de ces endroits où il y toujours de l’affluence, et de toute façon les temples à entrée payante sont fermés la nuit. Quant à la tempé­ra­tu­re, elle ne baisse que de quelques degrés. Je passe les détails sur l’itinéraire, on a progressé lentement vers le grand tremple de Chion-in à travers les ruelles et les jardins. Il faisait vraiment chaud, heureusement un vent soufflait et, sous les arbres il faisait presque bon. Magnifique endroit, c’est sûr, mais la chaleur tempérait quelque peu l’émerveillement. Pas tellement de monde finalement sur le site, et très peu de touristes occidentaux. Hier soir au marché Nigishi on en avait vu un certain nombre — relativement — et on pensait qu’à Kyoto il y en aurait plus qu’ailleurs, mais ça ne semble pas vraiment être le cas.Après s’être reposés dans un très joli jardin zen, on a encore poussé jusqu’au grand temple Chion-in, dont le caractère imposant est un peu limité par les échafaudages qui l’entourent. Ensuite, en passant devant les camphriers géants du temple Shoren-in, on s’est mis à l’abri de la chaleur dans le musée d’art moderne. Retour en bus, on a fait un saut dans le grand magasin Isetan, on cherchait quelque chose au sixième et au dixième étage, ce qui nous a fait monter la succession d’escalators qui s’enchainent de façon spectaculaire. On est alors montés jusque sur la terrasse du quinzième étage, d’où on a une vue panoramique sur Kyoto et les environs. De la terrasse, on peut redescendre par une autre volée d’escalators parallèle à la précédente qui fait plonger jusqu’au rez-de-chaussée de cette impressionnante cathédrale de métal et de verre qu’est la gare de KyotoDe retour au ryokan, on s’est reposés un peu, moi j’ai profité de l’onsen privé de l’établissement pour me délasser un peu les pattes et me laver de la sueur accu­mulée dans la journée. Ensuite, on est allés manger dans un petit restaurant tempura de la galerie marchande du sous-sol de la gare, excellent et pas cher, ça changeait un peu du sushi. Puis, pour ne pas rester de nouveau à passer la soirée en vase clos, on a sauté dans le bus, direction le quartier chaud de Gion. Dans ses rues étroites et colorées de lumières de néon s’alignent restaurants et clubs privés, un incessant ballet de taxis transporte des hommes d’âge très mur sur les lieux de consommation. On a vu un taxi avec une cargaison de geishas, dont l’une a débar­qué juste devant nous. Bref, un endroit conforme à sa réputation et aux clichés, semble-t-il. Quand on est retournés chercher l’arrêt de bus dans la direction inverse, nos pas nous on menés vers le temple de Yakasa-jinja, brillamment éclairé et quasiment désert. Constituant en quelque sorte le point d’aboutissement de l’avenue Higashijo-dori, où coulait un incessant flot de voitures, et à deux pas des prostituées racolant le client devant les clubs, l’endroit formait un intéressant contraste avec le monde extérieur, tradition et modernité criarde s’y rencontrant sur un modèle typiquement japonais. Notre voyage de retour en bus a été un peu long, mais finalement Aija et Aino ont su déchiffrer le plan des lignes avec maestria, et on a débarqué à deux pas de chez nous, sans même passer par le terminus de la gare !